Traitement des Schémas de pensée dysfonctionnels

Apprendre à modifier ses modes de pensée qui génèrent des difficultés.

Une vie rythmée par des schémas pensées dysfonctionnels

Combien de fois dans une semaine ou même une journée, ressentons-nous une souffrance ou un sentiment négatif comme de l’anxiété, de la peur, de la colère, de la frustration, suite à une pensée ? La plupart de ces pensées correspondent à une schémas de pensée dysfonctionnels préétablis. Que cette pensée soit purement de la rumination (Pourquoi m’as-t’il fait ça ? Je n’aurais pas dû…. Et si…) ou liée à une manière de pensée (Ça doit, il devrait, je dois, ce n’est pas normal… Il faut que…), nous agissons en fonction de nos pensées.

En réalité, on passe notre temps à vivre notre vie selon notre propre carte du monde, laquelle influencent nos perceptions. Cette carte du monde représente nos croyances définissant les règles qui régissent notre vie et qui nous amènent à porter des jugements sur soi, les autres, les situations parfois erronés.

Ces schémas de pensées internes définissent aussi notre rapport aux autres, aux situations et à nous-même et nous conduisent à agir d’une certaine manière, pas toujours bénéfiques pour nous voire même qui peuvent nous faire du tord. Ils colorent nos émotions et donnent une orientation à notre vie.

Ces fonctionnements forment comme un balisage interne qu’empruntent nos pensées. Nous fonctionnons tous à partir de ce balisage mais un balisage propre à chacun.

Des schémas de pensée dysfonctionnels qui déforment la réalité

image, graphics, fantasy, the background, wallpaper, pattern, desktop, deformation, swirl, imagination, summary, undulating, plasticity, shadows, beige, invoice

Nous sommes tous, initialement, câblés de la même manière pour comprendre le monde. Notre cerveau dispose d’un mécanisme naturel qui va lui permettre d’appréhender les situations et les autres, à partir d’informations rapidement accessibles, qui lui semble pertinentes, avec le moins d’efforts possibles. Ces informations ne sont, de fait, que partielles et la traduction de ce qui est constaté ne peut donc être que  le reflet d’une réalité seulement subjective.

D’un côté, il nous est impossible d’accéder objectivement à toutes les informations qui concernent une situation donnée car toutes ces informations ne sont tout bonnement pas accessibles. D’un autre côté, nous disposons d’une capacité attentionnelle limitée qui amène notre cerveau à sélectionner l’information qui se présente.

Ceci signifie que notre perception ne peut qu’être restreinte et étroite. Ce qui ne nous sera pas accessible seront comme des zones d’ombres qui seront comblées par des interprétations, des déductions. Ces interprétations seront calibrées et guidés par nos propres références, nos croyances, nos aprioris et les biais qui régissent notre vie. De fait, ce que nous voyons depuis cette lorgnette étroite est inévitablement déformée par rapport à la réalité objective.

Ceci crée, avec le temps, les sillons mentaux (schémas de pensée) qui nous amènent à comprendre le monde toujours de la même manière, selon notre propre ”cuisine personnelle”. Et puisque le cerveau fonctionne en mode économie d’énergie (comprendre le monde rapidement avec un minimum d’efforts), nous allons avoir tendance à mettre tout dans le même sac, sans se poser de question, sans remise en question, voire même à distordre la réalité pour la faire entrer dans notre cadre de vie, peu importe que nos conclusions soient éloignées de la réalité.

Et, sans même sans rendre compte, nous vivons notre vie qu’à partir de ce prisme déformant, nous amenant continuellement à tirer des conclusions hâtives, à faire des généralisations sur ce que nous vivons, voyons, sentons que l’on tient pour vrai… pour le meilleur comme pour le pire.

Notre construction du monde n’est, néanmoins, pas totalement déconnectée de la réalité. Elle est le résultat d’une interaction dynamique entre nos aprioris et la réalité objective mais elle n’en reste pas moins qu’une vision de la réalité partielle et plus ou moins déformée par notre propre carte du monde. Et cette carte du monde a pris sa forme dans notre passé.

Des schémas influencés par notre vécu

Les fonctionnements internes (biais et distorsions cognitives, croyances,  aprioris, représentations mentales…) ont été influencés par notre environnement social (milieux familial, amical, éducationnel) et nos expériences de vie.

Initialement, il y a une transmission de nos parents, nos éducateurs, nos référents, nos amis et notre environnement social au sens large à travers ce que l’on voit, entend et, plus globalement, à travers ce que véhiculent ces référents. À partir de là, le jeu de l’imitation agit et nous intégrons et nous approprions toutes ces dimensions.

Parallèlement, nos expériences de vie vont confirmer ou infirmer ce qu’on pense savoir sur le monde, les autres et nous-même. Ces expériences s’entendent comme tous le événements vécus qu’ils soient heureux, malheureux ou neutres. Ces événements peuvent totalement faire basculer notre vision de la vie, notamment de nous-même et des autres comme c’est le cas dans le cadre de traumatismes et de toutes les expériences douloureuses vécues. C’est ainsi que se créent nos schémas de pensée dysfonctionnels.

Cet environnement social et ces expériences de vie, qui ont donné naissance à nos croyances, aprioris, représentations mentales, aidés par nos biais cognitifs, ont aussi formé nos distorsions cognitives. À force de répétition, au fil des expériences vécues, nos croyances se sont renforcées, se sont cimentées dans le moule de nos distorsions cognitives, pour devenir des circuits de pensée, prêts à l’emploi et complètement automatiques.

Même si ce fonctionnement interne correspond à une nécessité du cerveau de ménager son énergie, l’inconvénient majeur est que ces schémas de pensée dysfonctionnels nous amènent à faire des erreurs de raisonnement qui peuvent avoir de lourdes conséquences dans notre vie.

Les répercussions dans notre vie de ces schémas

Tout ce qui est le résultat dans notre vie actuellement est le résultat de notre système de pensées. Tout ce qu’on pense, toutes les opinions qu’on a, toutes les façons dont on interprète les situations, les jugements qu’on porte sur telle ou telle personnes, forment tout un réseau de pensées que l’on tient pour vraies, creusé comme des sillons dans notre neurologie.

La problématique est que nos pensées ne se contentent pas simplement d’être des pensées. Nos pensées déterminent notre état interne (émotions, nos sensations corporelles). D’ailleurs, la manière dont on se sent (épanoui, anxieux…) prend sa source uniquement dans notre manière de penser et d’appréhender les événements de la vie.  Même si les émotions sont, généralaement, utiles, quand elles sont générées par des schémas de pensée erronés, elles vont être inutilement désagréables car ils seront déconnectées de la réalité (d’où l’adage qui consiste à dire que les émotions ne sont pas toujours bonnes conseillères). 

Ces circuits de pensées, ces schémas, ces croyances gouvernent notre façon de voir, de nous sentir et dictent ce que nous faisons (les actions…) et le cerveau emprunte toujours ces mêmes circuits de pensée inlassablement. Une fois que les croyance sont forgées, on va interpréter le monde en fonction de ces croyances et on va ajuster ce qu’on voit, vit pour le faire entrer en cohérence avec notre monde. Et même si les circonstances montrent le contraire, à propos de ce qu’on croit, on trouve toujours les indices qui nous prouvent que nos croyances sont vraies et justifiées.  Tout cela se traduit dans nos décisions, on va se conduire en ligne avec nos croyances, en générant les résultats que l’on redoute : c’est ce qu’on appelle une prophétie auto-réalisatrice. 

On se torture à vivre et revivre la même histoire et à se raconter la même histoire à propos de soi, des autres et du monde. sans jamais en sortir, sans jamais les remettre en question, en vivant et revivant sans cesse les mêmes émotions négatives et les mêmes souffrances dans les mêmes situations, avec les mêmes résultats. Finalement, nos croyances créent notre réalité, ce qui leur confère une grande puissance.

Schémas de pensée dysfonctionnels

Est-il possible de sortir de ces schémas de pensée dysfonctionnels ?

Pour le cerveau, ce système de croyance nous a maintenu en vie jusqu’à maintenant, il n’y a aucune raison d’en changer. Sauf que ces pensées ne produisent pas toujours des effets bénéfiques dans notre vie.

Nous ressentons parfois des difficultés en se sortir de schémas qui se répètent inlassablement dans une forme ou une autre. La bonne nouvelle est que notre cerveau dispose de capacités naturelles à changer, à évoluer et adopter de nouvelles pensées. C’est ce qu’on appelle la plasticité cérébrale. Ces changements ne se produiront pas du jour au lendemain mais ils sont tout à fait envisageables si on est prêt à s’engager dans cette voie.

Il est possible de se faire accompagner pour y voir clair, faire le tri dans ces schémas de pensées. Un travail ciblé peut permettre de dépasser ces pensées excessives et obsédantes et développer votre discernement. Je peux vous accompagner dans ce processus qui consistera à explorer vos schémas de pensée, leur origine et faire un travail qui va consister à leur donner une nouvelle tonalité. 

La perception correspond à une opération mentale complexe qui consiste à comprendre le monde en formant dans son esprit des représentations de ce que nous voyons, entendons, sentons…

Les croyances sont des pensées que l’on tient pour vraies avec certitude. Ces croyances définissent notre manière de voir le monde et elles agissent comme des filtres qui nous amènent à voir la réalité de manière déformée.

Elles forment un cadre qui restreignent et limitent nos perceptions par rapport à une réalité plus large et plus complexe qu’il n’y paraît.

Les cadres, définis par nos croyances et qui limitent tant nos perceptions par rapport à la réalité, s’appliquent aussi à notre rapport à nous-même.

Suite à d’expériences négatives, nous pouvons avoir développé une vision nous-même erronée et considérablement réduite. Cette vision fausse et étroite peut nous freiner dans nos élans de vie et nos décisions, en croyant à tord que nous n’avons pas les capacités de faire, dire ou penser certaines choses, que certaines choses ne sont pas pour nous, qu’elles ne nous seront jamais accessibles etc.

Nos croyances sont utiles mais pas toutes car elles sont le cadre dans lequel on s’autorise à évoluer, elles déterminent ce qui est possible ou pas possible.

 

Les biais cognitifs et les distorsions cognitives sont des erreurs de pensée.

Les biais cognitifs sont des chemins mentaux préétablis qui nous amènent à avoir un raisonnement ou à porter un jugement dans certaines circonstances, sans tenir compte de la réalité dans son ensemble et donc à nous conduire à faire des erreurs dans notre raisonnement ou notre jugement.

Les distorsions cognitives sont des erreurs de pensées qui conduisent à déformer la réalité, à percevoir les choses autrement, de donner un sens différent, non rationnel aux éléments factuels qui se présentent. Ce sont de mauvaises interprétations.

Dans les deux cas, les distorsions et biais cognitifs nous amènent à faire des erreurs des pensées avec les conséquences que cela génère en terme de décisions et de relations sociales.

On sort des schémas dysfonctionnels par un accompagnement adapté, ciblé sur un travail cognitivo-comportemental qui peut être complété par un travail en IMO type EMDR.

Retour en haut